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Télétravail : les économies d’énergie sont-elles bien réelles ?

Télétravail : les économies d’énergie sont-elles bien réelles ?

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Télétravail : les économies d’énergie sont-elles bien réelles ?

Pendant et après les confinements, on a beaucoup entendu parler de l’impact du télétravail sur différents aspects de nos vies, à l’échelle des entreprises et à celle des individus. Aujourd’hui, cette mesure est étudiée sous l’angle de la sobriété énergétique et mise en avant comme une véritable mesure. Le télétravail pour des économies d’énergie substantielles : une vraie solution ou un déplacement des consommations ?



Des tests pour dévoiler l’impact du télétravail sur les économies d’énergie des entreprises


Dans son plan national de sobriété énergétique, le gouvernement a placé le télétravail parmi les mesures phares suggérées pour limiter le réchauffement climatique. Un rapport du Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) du 4 avril 2022 met en effet en lumière le potentiel de cette solution pour réduire l’utilisation des transports, et donc une part importante de la consommation énergétique liée au travail.


En parallèle, l’ADEME a mené une expérience de 5 mois à partir de novembre 2022 pour étudier les consommations de divers bâtiments publics et les comparer à celles des bureaux, domiciles et transports de cent agents volontaires. Et les résultats… s’avèrent décevants.


L’ADEME affirme ainsi que les véritables économies sont liées à la sobriété plutôt qu’au télétravail, les économies d’énergie imputables à ce dernier étant minimes.


Une mesure intéressante sous certaines conditions


La réalité est donc qu’associer le télétravail aux économies d’énergie n’est pas inutile, mais insuffisant en tant que tel. Une mesure plus radicale, mais incontestablement plus efficace, reste la fermeture totale des sites sur une journée. Celle-ci implique le télétravail, mais ne s’y limite pas, supposant plutôt l’arrêt total des opérations (y compris des chauffages et de l’éclairage). L’ADEME affirme que ces journées de fermetures sont à même de réaliser des économies de 25 à 40 % par rapport aux jours où les sites fonctionnent normalement.


Télétravail : des économies d’énergie déplacées des entreprises vers les employés ?


L’une des craintes liées au télétravail concerne l’annulation des gains d’énergie réalisés dans les bureaux par la hausse des consommations dans les foyers des employés : on parle « d’effet rebond ».


Selon l’ADEME, cet effet dépend en grande partie de la distance domicile-travail et du moyen de transport concerné. On moyenne, on l’estime à 1,4 kWh par jour de travail, alors que les économies réalisées en limitant les transports sont comprises entre 5 et 15 kWh. Naturellement, plus le recours à la voiture est systématique et long, plus l’effet rebond est négligeable.


Notons cependant que l’étude ne tient pas compte des répercussions financières sur les télétravailleurs. Contrairement aux transports qui peuvent donner lieu à certaines primes, par exemple, le surcoût sur les factures d’énergie des employés ne fait l’objet d’aucune aide.


Au final, le lien entre télétravail et économies d’énergie existe bel et bien, mais il n’est pas aussi distinct qu’on pourrait l’imaginer. Similaire à nombre d’autres mesures, il faut donc plutôt le voir comme un effort supplémentaire à fournir selon des conditions bien particulières, et non comme une solution absolue, en tout cas dans l’état actuel des choses. Mais, manié correctement et sans pénaliser les salariés, cet outil peut s’inscrire dans une démarche de sobriété énergétique globale.

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