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Stockage de l’électricité : des enjeux de taille pour la transition énergétique

Stockage de l’électricité : des enjeux de taille pour la transition énergétique

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Stockage de l’électricité : des enjeux de taille pour la transition énergétique
Stockage de l’électricité : des enjeux de taille pour la transition énergétique

La transition énergétique implique un passage des énergies fossiles — qui permettaient de produire de l’électricité « à la demande » — vers les énergies renouvelables : c’est-à-dire des ressources qui ne peuvent être stockées en amont (dans la majorité des cas). Le stockage de l’électricité elle-même fait donc partie des défis qu’il faudra relever pour basculer définitivement vers les énergies propres. En quoi consiste le stockage de l’électricité ? Sommes-nous proches du but ?



Pourquoi stocker l’électricité ?


Utiliser des ressources fossiles telles que le charbon, le pétrole, ou encore le gaz pour produire de l’électricité pose de multiples problèmes, notamment en matière de pollution et de souveraineté énergétique. Cependant, cette approche possède un certain atout : celui de pouvoir générer de l’électricité à la demande. Or, s’éloigner des méthodes de production non renouvelables implique de pouvoir « faire sans » et de trouver des solutions face au déséquilibre entre les capacités de production et les besoins en électricité (consommations).


En effet, l’énergie solaire est naturellement plus disponible lorsque le temps est radieux… et donc que les besoins en chauffage sont moindres (pour simplifier). De même, si une éolienne est capable de générer une quantité d’électricité importante quand le vent souffle, sa production tombe à zéro les jours où aucune brise ne traverse l’atmosphère. De leur côté, les besoins n’attendent pas. Et ils ne sont pas adaptables à la situation externe.


D’où l’aspect clé du stockage de l’électricité. Tout comme avoir de l’eau potable à disposition en permanence n’est plus considéré comme un luxe, avoir de l’électricité en réserve nous permettra de nous défaire des énergies fossiles.


Stockage de l’électricité : où en est la France ?


Les solutions de stockage de l’électricité à grande échelles ont pratiquement inexistantes. Pour le moment, c’est donc sur les entreprises privées et les particuliers que repose cette responsabilité. L’autoconsommation d’énergie photovoltaïque avec batterie est de loin l’approche la plus répandue, même si elle peine à convaincre les intéressés, la plupart préférant opter pour l’autoconsommation avec revente du surplus. D’ailleurs, dans un contexte où l’on cherche encore à injecter un maximum d’électricité verte sur le réseau, c’est une pratique que le gouvernement continue d’encourager.


Reste le stockage dit « virtuel » de l’électricité, qui correspond en réalité à une gestion optimisée de l’électricité verte. Il s’agit d’équilibrer le surplus produit en l’injectant sur le réseau pour que l’ensemble des abonnés puissent en profiter, les échanges étant comptabilisés virtuellement. Les particuliers producteurs bénéficient alors d’un « stock » virtuel, qui peut leur être redistribué à moindres frais.


Et demain ?


Cela ne fait aucun doute : le stockage de l’électricité est un enjeu d’avenir. La recherche pour augmenter les capacités des batteries accessibles non seulement aux particuliers, mais aussi à plus grande échelle, ne cesse d’avancer. Le groupe français Neoen, par exemple, travaille avec Tesla sur une giga-batterie de 300 mégawatts en Australie : le projet « Victorian Big Battery ». En parallèle, l’essor des batteries domestiques de type « Powerwall » (commercialisé par Tesla) se poursuit.


Enfin, l’hydrogène vert est considéré comme une solution prometteuse en matière de « stockage » de l’électricité. Comme on emploie de l’électricité pour produire ce gaz (que l’on peut stocker), on peut conserver cette électricité sous une forme différente et l’utiliser autrement. L’hydrogène produit peut notamment être conservé dans des piles à combustible (pour alimenter des voitures électriques, foyers, infrastructures, etc.), ajouté en petite quantité au gaz naturel réservé au chauffage des ménages, ou employé pour fabriquer du méthane. En redirigeant le surplus d’électricité renouvelable pour produire de l’hydrogène vert, on dispose d’une solution supplémentaire pour assurer la transition énergétique.


Bien sûr, ces diverses approches demeurent coûteuses à l’heure actuelle, mais les investissements des pouvoirs publics en leur faveur se multiplient et permettront, à terme, de les démocratiser.

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