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La souveraineté et l'indépendance énergétique de la France : ou en sommes-nous ?

Dernière mise à jour : 5 juil.

Il aura fallu plus de six mois de travail et 88 auditions pour que l’instance parlementaire dévoile, le 6 avril 2023, le rapport de la commission d’enquête chargée d’évaluer les choix énergétiques de la France. Les conclusions sont sans appel : nous sommes en retard de 30 ans et la souveraineté et l’indépendance énergétique de la France appartiennent irréfutablement au passé. Comment en sommes-nous arrivés là ? Pourrons-nous retrouver un statut plus favorable ? Quelques éléments de réponse.


La souveraineté et l'indépendance énergétique de la France : ou en sommes-nous ?

Ces erreurs qui ont coûté cher à la souveraineté et à l’indépendance énergétique de la France


Le rapport fait état de plusieurs erreurs qui, au fil des années, ont impacté de manière significative la souveraineté et l’indépendance énergétique de la France.

  • La première est l’échec du pays à faire évoluer son mix énergétique, qui n’a presque pas bougé depuis trente ans. Ce parti pris n’a fait qu’accroître les fragilités déjà présentes.

  • La dépendance aux énergies fossiles qui perdure encore implique un recours massif à l’importation de ressources qui ne feront que s’épuiser à relativement court terme. De la dépendance, le risque est donc de passer à la pénurie.

  • Le rapport cite ensuite le très faible développement des moyens de maîtrise de la demande. Malgré l’émergence de solutions concrètes pour minimiser les consommations, celles-ci demeurent en augmentation constante.

  • Par ailleurs, les prévisions de consommation électrique demandées à RTE ne concernent que le court ou moyen terme. Les données à disposition sont bel et bien là, fournissant des solutions de monitoring efficaces et d’une grande utilité dans un contexte où les enjeux climatiques ne peuvent plus être ignorés.

  • Plusieurs pages du rapport sont consacrées à la décision de fermer de Fessenheim, qui est vue comme un acte illogique d’un point de vue énergétique. Selon les experts, ce choix a directement contribué à affaiblir la filière nucléaire.

  • Ils déplorent de même la loi « de transition énergétique pour la croissance verte » de 2015, plafonnant la production nucléaire à 63,2 GW, une mesure décriée comme étant beaucoup plus politique qu’énergétique.


Des propositions et recommandations


Le rapport ne consacre pas l’ensemble de ses 400 pages à ce constat d’échec. 30 propositions sont ainsi faites pour aller vers un regain de la souveraineté et de l’indépendance énergétique de la France. Parmi ces suggestions, la relance nucléaire occupe une place importante. À celle-ci devrait s’ajouter le développement de l’hydroélectricité et des réseaux de chaleur.


La commission mentionne aussi l’importance de faire évoluer le critère de sécurité d’approvisionnement à court terme de la RTE et de revoir notre doctrine de sécurité d’approvisionnement globale.


La décarbonation et les objectifs climatiques sont, bien entendu, également au centre des débats. Il s’agit de reconnaître le rôle stratégique de l’énergie nucléaire dans cette démarche tout en encourageant l’essor des énergies renouvelables.


Si la souveraineté et l’indépendance énergétique de la France ont été mises à rude épreuve, des solutions pour les recouvrer sont bien là. En exhortant les parties prenantes à davantage de transparence, d’anticipation et de responsabilité, les auteurs du rapport demeurent convaincus que nous pourrons réparer nos erreurs.

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